Souvenir à Rouen - Christian Courtel

J'ai découvert Rouen en 1966. Des souvenirs j'en ai amassé à la pelle et pas toujours des bons. J'ai adoré la majesté du site, le juge de paix que représentait la descente, notamment lors d'une séance qualifs en F2 en 1977 avec un duel fabuleux entre Pironi et Brancatelli, mais j'ai le plus souvent détesté les dérives de l'organisation incapable de respecter l'horaire. Cependant le plus beau de mes souvenirs rouennais date du vendredi 5 juillet 1968 avant-veille du GP de France, premier du nom. Ce matin-là -il devait être 9h30 environ- profitant de ce que l'on pouvait emprunter le circuit, et campant non loin de là, j'avais dévalé la descente du Nouveau Monde au volant de ma Mini Cooper . Parvenu à l'épingle du Nouveau Monde quelle ne fut pas ma surprise d'apercevoir les pilotes officiels Matra en pleine séance photos ! Je garais ma petite auto, m'approchais sans rien demander à personne, tirais deux trois clichés et repartais sans demander mon reste. Imaginez la chose aujourd'hui ?

Petite récré. En ce mois de juin 1976, les sport automobile avait posé ses valises au GP de Rouen les Essarts. En ce -temps-là, aussi étonnant que cela puisse paraître, les essais avaient lieu le vendredi et la piste était fermée le samedi. Bref, chacun s'égayait dans la nature et c'est ainsi que le jeune Alain Prost, leader de championnat de Formule Renault mais garnement facétieux à ses heures, s'en fut avec quelques compagnons (dont Michel Lemétayer sur la photo) faire des pâtés de sable du côté de la plage de Deauville. Voilà le résultat. Eh y z'étaient quand même sympas les loustics de faire de la pub gratos pour une gazette qui gazouillait seulement depuis quatre mois.