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Histoire de formule 3 en 1968 – René Ligonnet

Je ne sais plus si c’était en 1968 ou 1969, 69 je crois, à la suite d’un différend avec l’organisateur au sujet des primes de départ, nous avions menace de ne pas courir. In piquet de grève était installé à l’entrée de la piste, interdisant l’accès à celle ci, les tribunes étaient pleines et nous avons eu gain de cause, c’est la seule fois de ma vie que j’ai participé à un mouvement social.

Il me semble que c’est aussi l’année de la victoire du Comte Adam Potocki sur la Matra devant tout le gratin de la F3. La veille il avait déjà réalisé la pôle, nous étions rentré à Paris ensembles le Vendredi, pour remonter le Samedi avec nos épouses respectives qui étaient amies et avions dormi a environ trente minutes du Circuit. Le matin je me levais tôt et fortement ralenti par les embouteillages, je stoppais et téléphonais à Adam pour lui dire de se lever. Arrive au Circuit, le mouvement social ayant pris fin, les voitures alignées sur la grille, la Matra en pôle,pas d’Adam, Richard Belkechout son motoriste, divin chauve s’il en fut se serait arraché les cheveux s’il en avait eu. Adam arriva frais comme un gardon au panneau 5 minutes, s’installa dans la Matra, prit un départ canon et personne ne le revue il était le seul ce jour là à emmancher tour après tour la descente du Nouveau Monde à fond. Je terminais ma course dans un poste de commissaires. Les mauvaises langues avancèrent que son moteur bénéficiait d’un arbre à cames spécial Belkechout ce qui était faux je le lui avait rapporté de chez Nova Motor. Adam ne se qualifia pas a la course suivante, il est rentré dans sa Pologne natale et sommes toujours en contact.

 

1968 Je courais alors en F 3 sur une Brabham BT21 et pour différentes raisons ma saison s’enlisait et le Samedi j’avais fait une course anonyme. Le Dimanche matin en déambulant dans le Padock, j’allais dire bonjour a Jo Schlesser qui se préparait pour le Grand Prix qu’il devait courir l’après midi sur la toute nouvelle Honda F1 et comme Jo était un peu le grand frère, je lui demandais si il serait possible de faire quelques courses en fin de saison sur la troisième Mac Laren F2. Qu’ils possédaient en spare dans le camion partagé avec Guy Ligier. Nous avons discuté un peu et Jo me dit de passer le voir après le GP. Au deuxième tour je crois, je comptais les voitures qui passaient… Il en manquait une et une colonne de fumée s’elevait au dessus de la forêt vers le Nouveau Monde. J’avais compris…..Un de mes amis, Jean Paul Pradier, journaliste cameraman était sur les lieux. Étrange coïncidence Jo n’était pas sur la liste des pilotes devant participer au GP, mais John Surtees qui s’était récusé au dernier moment. Quelques jours plus tard à St Pierre de Neuilly, Bernard Consten, alors Président de la FFSA devait prononcer un hommage très émouvant « un homme est mort à Rouen » Malheureusement quelques Années plus tard on devait se retrouver de nouveau à St Pierre de Neuilly.

 

René Ligonnet